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mardi 8 janvier 2008

Condamné par précaution

A grands pas, tous les fondements de notre société française sont détruits. Dernière nouvelle en date, on condamnerait quelqu'un non plus pour ce qu'il a fait mais pour ce qu'il pourrait faire. Examinons la proposition. Il semblerait qu'il vaille mieux condamner celui qui a commis l'irréparable il y a longtemps ( très longtemps, 15 ans, c'est long...), que prendre le risque qu'il détruise une fois de plus une vie. C'est partir du postulat que le monde est figé, que rien ni personne ne change. C'est croire qu'il y a des natures humaines, et que certaines sont bonnes et d'autres mauvaises. C'est se rappeler qu'en des temps pas si lointains, on parvenait même à distinguer le caractère foncièrement mauvais des êtres sur leur physionomie. C'est condamner l'autre à rester ce qu'il a été. N'est ce pas là ce que l'on appelle "avoir des préjugés"?

lundi 7 janvier 2008

Discrimination positive

Après une longue période d'absence, je reprends contact avec ce blog pour un coup de gueule. Et je ne pense pas que ce soit le dernier.
Après une condamnation des dispositions de la loi Hortefeux par le conseil constitutionnel, on pouvait espérer une pause dans les comportements choquants de nos dirigeants. Pourtant, au mépris des voix citoyennes qui s'élèvent et affirment leur honte et leur colère, les mesures discriminatoires se poursuivent. Discriminer les personnes sur leur origine ethnique ou la couleur de leur peau n'étant pas politiquement correcte, surtout s'il s'agit ainsi de mieux repérer les candidats à l'expulsion sauvage, notre président a l'audace de justifier les mesures de fichage ethnique par la "discrimination positive". Outre l'aberration d'une telle association de termes - que peut-il y avoir de positif dans la discrimination ? - il s'agirait de distinguer les "bons maghrébins" Harkis, à savoir ceux qui se sont sacrifiés pour la France (qui tarde toujours à les remercier en faits plus qu'en parole) des autres (a priori moins bons sans doute).
Doit-on souligner là toute la contradiction du concept de discrimination positive, présupposant que des qualités intrinsèques d'un groupe sont applicables à chacun des individus qui le composent? Sur ces concepts se fonde le vrai racisme. Oublier les personnes en les assimilant à un groupe, et leur attribuer les qualités de ce groupe, positives ou négatives, ouvre grand les portes de la ségrégation. Ainsi apparaissent les commentaires globalisant, déshabillant les êtres de leurs qualités propres. Sans doute est-il plus facile de traiter les questions des femmes, des chômeurs, des sans-papier, des délinquants de manière générale en collant à ces mots des adjectifs choisis plutôt que de se pencher sur la situation de chacun d'entre eux. Mais est-ce plus humain?

samedi 17 mars 2007

Euthanasie (3)

Une condamnation avec sursis, un acquittement. L'acte d'humanité, la pitié, la compassion n'ont pas été condamnés. Pour autant, cette décision de justice légitime-t-elle l'euthanasie active? Le pas à franchir est trop grand pour le faire.
Reprenons les termes du débats. Au fond, il s'agit de savoir si l'on peut accorder le droit de donner la mort, et si la réponse est positive, à qui, et dans quelles conditions.

"Tu n'assassineras point"

Dire que notre culture est fondée sur le respect de la vie humaine doit être discuté. Le sixième commandement dit "Tu n'assassineras point" (Exode 20:13). Ainsi, il n'exclut pas la possibilité de donner la mort avec l'aval de la communauté, en tout cas pour certaines interprétations. Cette possibilité a d'ailleurs été largement utilisée pour justifier toutes les condamnations à mort à travers les siècles, et jusqu'à une date récente en France (abolition de la peine de mort). Il convient néanmoins de ne pas perdre de vue le fait que ce commandement aurait été inspiré de textes remontant à plusieurs millénaires. Les moeurs, coutumes, l'organisation sociale y était à l'évidence différents. Aujourd'hui, le rapport de chaque individu, et au-delà de chaque citoyen, à la mort, est très différent. Comprendre la nature de ce rapport, et les lois sociales qui en sont les conséquences, nous permettra d'élaborer une position cohérente vis-à-vis de l'euthanasie active.

vendredi 9 mars 2007

Euthanasie (2)

Au manifeste diffusé à grand renfort de publicité dans les médias, la Société Française d'Accompagnement et de soins Palliatifs répond par son propre manifeste. On ne peut qu'encourager ceux que la question intéresse à se rendre sur son site: SFAP.

mercredi 7 mars 2007

Euthanasie

Un manifeste vient de paraître dans un grand hebdomadaire, accompagné de 2000 signatures, reconnaissant avoir aidé médicalement et en conscience des patients à mourir.
"Parce que, de façon certaine, la maladie l’emportait sur nos thérapeutiques, parce que, malgré des traitements adaptés, les souffrances physiques et psychologiques rendaient la vie du patient intolérable, parce que le malade souhaitait en finir, nous, soignants, avons, en conscience, aidé médicalement des patients à mourir avec décence. "
Ce débat dépasse à l'évidence le cercle où il aurait pu se tenir, c'est-à-dire entre une personne qui demande, et une personne qui possède les moyens de répondre à cette demande. Le débat généré par son extension au niveau de notre société ne saurait se résoudre en quelques lignes, et telle n'est pas mon ambition. Il faut néanmoins poser certaines questions et ouvrir des pistes de réflexion. En effet, le débat conduit à la confusion, en confondant intérêt du patient en souffrance, déontologie médicale ou du soignant, règles morales, législation, éthique, enjeux politiques.

Qu'est-ce que l'euthanasie?

Le terme d'euthanasie regroupe des concepts différents. On parle d'euthanasie active (acte visant à abréger la vie), d'euthanasie passive (absence d'acte visant à prolonger la vie), d'euthanasie indirecte (acte ayant pour conséquence indirecte l'arrêt de la vie sans qu'elle en constitue l'objectif principal). En outre, l'acte d'euthanasie peut être volontaire (effectué avec l'accord du patient) ou non-volontaire (sans l'avis du patient). Bien évidement, l'euthanasie involontaire (contre l'avis du patient qui s'y oppose) sorte du cadre de cette réflexion. Le cas de l'aide au suicide pousse la réflexion dans ses retranchements, comme ce fut le cas de l'exemplaire Vincent Humbert.
Bien évidement, chacune de ces situations pose un problème différent. Abréger la vie n'est pas la même chose que s'abstenir de la prolonger. Soulager à n'importe quel prix n'a pas le même sens que s'abstenir de tout soins. "Agir avec celui qui souffre" pose le problème de façon radicalement différente de "agir sans celui qui souffre".
Avant d'examiner ces situations et les considérations qui s'y rattachent, il me parait intéressant d'observer quelques réactions issues de l'actualité.

L'actualité

L'intention avouée de ce manifeste est d'inclure le débat sur l'euthanasie dans la campagne présidentielle. L'ensemble des candidats n'ont eu d'autre choix que d'y répondre. Pour certains (UMP), légaliser l'euthanasie laisse les malades face à leur souffrance (blog Ph. Juvin), pour d'autres, la dépénalisation de l'euthanasie active doit avoir lieu, alors que certains restent prudents en réclamant un débat (Désir d'Avenir).
Des intérêts sont en jeu. L'Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité lance le mouvement et fait pression.(Cf l'article du Parisien), alors que d'autres modèrent le débat en soulignant qu'il n'a actuellement rien de médical (La Plume et le Bistouri).

Le citoyen commente, et pose en fait les vrais questions (Journal L'Alsace):

Le peu de cas que font les médecins du respect du serment d'hipocrate me fait douter des motivations des soignants quand a la pratique de l'heutanasie sur les personnes soit disant en fin de vie...je leur dénie le droit de s'ériger en deus ex machina! (Petrus)
Qu'on se le dise, le non-droit à chacun de se retirer de la vie quand il le souhaite est l'une des plus grosses entraves à la liberté dans notre pays. (Gwyon68)
C'est la décision des proches qui doit faire la différence. (ça Dérange)
Je ne comprend pourquoi l'Etat ou les bien-pensants ont le droit de s'immiscer dans la vie privée de chaque individu, à coup de lois ou de préceptes religieux ! (Franz)

Franchement, une personne malade (type Altzeimer) peut-elle prendre La Décision ? (Véro)


Bien des problèmes sont évoqués: le soignant "deus ex machina", l'éthique individuelle, le choix de chacun et ses limites, l'entourage, la relation entre la loi et l'individu, le libre-arbitre et ses limites. C'est à partir de ces questions que doit se construire la réflexion, débarassée des enjeux sociaux, politiques, légaux, religieux. La question est celle de la relation d'un être avec un autre être. C'est à ce niveau là que l'on doit rechercher la réponse.

mardi 6 mars 2007

Premier jour

Un blog, une parole... Un espace de parole nous est offert, en user est un devoir. Se taire, c'est consentir. Témoin quotidien des déviances ou des incohérences d'une société, il n'est pas possible de ne pas diffuser les conclusions qui s'imposent à la réflexion. Tel sera, je l'espère, l'objet de ce blog. De la discussion et des échanges qui pourraient y naître, j'espère m'enrichir et apporter ma modeste contribution à un savoir global.
Le champ d'interêt est large: société, politique, philosophie, sciences... Tout ce qui concerne l'Humain et l'Humanité, tout ce qui peut aider à son évolution, à sa compréhension, est espéré sur ce blog. Bienvenue!