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mercredi 7 mars 2007

Euthanasie

Un manifeste vient de paraître dans un grand hebdomadaire, accompagné de 2000 signatures, reconnaissant avoir aidé médicalement et en conscience des patients à mourir.
"Parce que, de façon certaine, la maladie l’emportait sur nos thérapeutiques, parce que, malgré des traitements adaptés, les souffrances physiques et psychologiques rendaient la vie du patient intolérable, parce que le malade souhaitait en finir, nous, soignants, avons, en conscience, aidé médicalement des patients à mourir avec décence. "
Ce débat dépasse à l'évidence le cercle où il aurait pu se tenir, c'est-à-dire entre une personne qui demande, et une personne qui possède les moyens de répondre à cette demande. Le débat généré par son extension au niveau de notre société ne saurait se résoudre en quelques lignes, et telle n'est pas mon ambition. Il faut néanmoins poser certaines questions et ouvrir des pistes de réflexion. En effet, le débat conduit à la confusion, en confondant intérêt du patient en souffrance, déontologie médicale ou du soignant, règles morales, législation, éthique, enjeux politiques.

Qu'est-ce que l'euthanasie?

Le terme d'euthanasie regroupe des concepts différents. On parle d'euthanasie active (acte visant à abréger la vie), d'euthanasie passive (absence d'acte visant à prolonger la vie), d'euthanasie indirecte (acte ayant pour conséquence indirecte l'arrêt de la vie sans qu'elle en constitue l'objectif principal). En outre, l'acte d'euthanasie peut être volontaire (effectué avec l'accord du patient) ou non-volontaire (sans l'avis du patient). Bien évidement, l'euthanasie involontaire (contre l'avis du patient qui s'y oppose) sorte du cadre de cette réflexion. Le cas de l'aide au suicide pousse la réflexion dans ses retranchements, comme ce fut le cas de l'exemplaire Vincent Humbert.
Bien évidement, chacune de ces situations pose un problème différent. Abréger la vie n'est pas la même chose que s'abstenir de la prolonger. Soulager à n'importe quel prix n'a pas le même sens que s'abstenir de tout soins. "Agir avec celui qui souffre" pose le problème de façon radicalement différente de "agir sans celui qui souffre".
Avant d'examiner ces situations et les considérations qui s'y rattachent, il me parait intéressant d'observer quelques réactions issues de l'actualité.

L'actualité

L'intention avouée de ce manifeste est d'inclure le débat sur l'euthanasie dans la campagne présidentielle. L'ensemble des candidats n'ont eu d'autre choix que d'y répondre. Pour certains (UMP), légaliser l'euthanasie laisse les malades face à leur souffrance (blog Ph. Juvin), pour d'autres, la dépénalisation de l'euthanasie active doit avoir lieu, alors que certains restent prudents en réclamant un débat (Désir d'Avenir).
Des intérêts sont en jeu. L'Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité lance le mouvement et fait pression.(Cf l'article du Parisien), alors que d'autres modèrent le débat en soulignant qu'il n'a actuellement rien de médical (La Plume et le Bistouri).

Le citoyen commente, et pose en fait les vrais questions (Journal L'Alsace):

Le peu de cas que font les médecins du respect du serment d'hipocrate me fait douter des motivations des soignants quand a la pratique de l'heutanasie sur les personnes soit disant en fin de vie...je leur dénie le droit de s'ériger en deus ex machina! (Petrus)
Qu'on se le dise, le non-droit à chacun de se retirer de la vie quand il le souhaite est l'une des plus grosses entraves à la liberté dans notre pays. (Gwyon68)
C'est la décision des proches qui doit faire la différence. (ça Dérange)
Je ne comprend pourquoi l'Etat ou les bien-pensants ont le droit de s'immiscer dans la vie privée de chaque individu, à coup de lois ou de préceptes religieux ! (Franz)

Franchement, une personne malade (type Altzeimer) peut-elle prendre La Décision ? (Véro)


Bien des problèmes sont évoqués: le soignant "deus ex machina", l'éthique individuelle, le choix de chacun et ses limites, l'entourage, la relation entre la loi et l'individu, le libre-arbitre et ses limites. C'est à partir de ces questions que doit se construire la réflexion, débarassée des enjeux sociaux, politiques, légaux, religieux. La question est celle de la relation d'un être avec un autre être. C'est à ce niveau là que l'on doit rechercher la réponse.

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